Un peu d'Histoire...

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Une ville à la campagne

Le Pays de Saint-Yrieix, ou Pays Arédien du nom d’Aredius, fondateur au VIè siècle du monastère autour duquel s’est développée la ville actuelle, se situe à l’extrême sud du département de la Haute-Vienne et déborde sur ceux de la Corrèze et de la Dordogne. Aux portes du Parc Naturel Régional Périgord-Limousin, il bénéficie d’un environnement préservé où l’arbre et l’eau sont omniprésents. Sur les derniers contreforts du Massif Central, il appartient tout entier au bassin hydrographique de la Garonne et ses nombreuses rivières convergent vers la riche Dordogne, là-bas, un peu plus au sud.

Hormis quelques dolmens qui témoignent de présences antérieures, l’histoire du pays de Saint-Yrieix commence véritablement à l’âge du fer, vers 600 ans avant JC. C’est de cette époque que datent les plus anciens vestiges d’habitat et d’exploitation minière. Les Gaulois connaissaient en effet l’existence de l‘important gisement aurifère, encore exploité en 2002 et qui s’étend sur 50 kilomètres de Jumilhac-le-Grand (24) à Saint-Germain-les-Belles (87). Les "aurières", creusées un peu partout au fil des siècles, marquent le paysage ; elles ont donné lieu à des recherches et des publications savantes (cf. B. Cauuet, L’or des Celtes en Limousin).
A l’époque romaine, plusieurs domaines agricoles sont attestés dans le secteur. Parmi eux, la villa d’Attanum, au coeur de la cité médiévale de Saint-Yrieix, où l’on a retrouvé des poteries datant du 1er siècle de notre ère. C’est cette villa qu’un prêtre gallo-romain, Aredius, décida en 572 de transformer en monastère. Il en confia les destinées au plus prestigieux des établissements religieux de son temps : Saint-Martin de Tours. Durant les siècles suivants, une agglomération se développa autour de ce "moustier" tandis que les moines étaient remplacés par un chapitre de chanoines qui perdura jusqu’à la Révolution. Par déformation orale (nous sommes ici en pays de langue d’oc), le sancti Aredii des origines devint la ville de Saint-Yrieix, auquel on ajouta longtemps "d’Attane" pour la distinguer des six autres lieux qui portent le même nom. Finalement, pour des raisons assez obscures, c’est l’appellation "La Perche" qui finit par l’emporter.
Sous Louis XV, la cité d’Aredius fut érigée en chef-lieu de sénéchaussée, ce qui témoigne de son rayonnement sur ces confins du Limousin et du Périgord. Peu de temps après, dans les années 1765-1768, le chirurgien Jean-Baptiste Darnet et l’apothicaire Vilaris découvraient ici le premier kaolin français et une manufacture royale de porcelaine y était établie, avant que cette industrie ne fasse, au siècle suivant, la fortune de Limoges. Saint-Yrieix conserva néanmoins une importante activité dans ce domaine. Vinrent s’y ajouter au XIX et au XXè siècles, un producteur de madeleines et une  imprimerie d’envergure nationale qui restent les principaux employeurs privés de ce secteur industriel. La ville fut aussi le siège d’une sous-préfecture jusqu’à la réforme de 1926.